Il fut un temps ou la presse était noble et déontologique, un temps ou la qualité de l’information primait sur la rapidité à laquelle elle arrivait au lecteur, un temps évidemment révolu à l’heure où l’actualité se répand à grande vitesse tout autour du Monde.

« La voilà. » #Lequipestyle

Aujourd’hui, l’une des figures de l’influence digitale française, Soraya Khireddine, s’est prêté au jeu de l’intox, juste pour voir. Un petit jeu sans conséquences bien ficelé et plutôt crédible lorsque l’on connait le parcours de la jeune entrepreneur de 23 ans : un passage à Science Po Lyon, puis le lancement de MinuteBuzz, et aujourd’hui une place de Directrice Editoriale chez Melty. Et une 4ème position au TwitterHot50, aussi … ahah. Un sans faute pour celle qui semble toujours garder un œil sur les médias. Rien de bien étonnant donc lorsque l’on lit sur Facebook un statut enjoué l’annonçant dès septembre dans l’émission « Le Grand Journal » de Michel Denisot.

Amis journalistes, ceci est un photomontage.

Très vite, l’information fait son bonhomme de chemin et se voit être relayée par le site du magazine Première, ou encore celui du Nouvel Obs (qui, honteux, retirera vite l’info). On regrette que Soraya ait démenti si rapidement, j’aurai été curieux de voir les proportions qu’aurait pu prendre cette intox.

J’ai fondé en 2003 un site internet d’actu sportive, relativement influent dans son domaine. Je me souviens avoir quelques fois créé des rumeurs pour « tester » les quotidiens papiers. Je me souviens aussi souvent avoir retrouvé ces rumeurs dans Le Parisien, pour ne citer qu’eux.

Au delà de ce qui restera une petite actu du web, il est incroyable de constater la dérive prise par la presse. Une dérive sans doute liée à internet et à la dictature du buzz que la toile impose : le premier a servir sera le mieux suivi, quitte à  détériorer l’information.

Je ne joue pas au vieux réac, je pique l’idée suivante à un rappeur US (je ne sais plus si c’est Nas ou Dr Dre, et je ne retrouve plus la citation), en substance : c’est incroyable, mais la musique est le seul domaine ou la progression technique ait entrainé une régression de la qualité du produit fini.

Je crois que la presse est elle aussi atteinte du mal apporté par la technique et la vitesse du web plus particulièrement. Et Soraya a bien failli le prouver. La déontologie d’un journaliste traditionnel impose de vérifier les sources au moins deux fois, afin d’être certain de ce que l’on avance : un média est une arme forte que l’on aime croire. Use with caution, comme dirait Diesel. Mais la course au buzz ne va pas dans ce sens, et la concurrence apportée par le web aux médias traditionnels ne me contredira pas.

On n’a jamais autant entendu de mea culpa de la part des groupes de presse, de démentis. On ri encore de la Une de L’Equipe, qui titrait « Le Voilà » alors que David Beckham mangeait des glaces dans son canap’ Hollywoodien. La faute à l’impatience et à des valeurs déchues.

 

Pour aller plus loin, Soraya publiera une tribune dans la soirée sur le site de l’ami Naro : http://www.narominded.com et un petit mot sur Melty.

 

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