Facebook n’a pas fini de nous surprendre. Le réseau social, fort de ses 800 millions de membres, a lancé il y a quelques semaines ses nouvelles pages de profil (que l’on appelle maintenant « journal ») : que nous réserve le géant américain, et quels changements risquent d’éclore sur nos sites internet ?

Yahoo gagne 1 million de partage automatique par jour

Vous n’avez peut être pas échappé aux nouveautés proposées par Spotify et Deezer après l’annonce de la nouvelle Timeline lors du F8 ? Les logiciels de streaming musical ont développé conjointement à Facebook un système de notification : vous avez la possibilité de partager auprès de vos amis, en temps réel, le titre que vous écoutez. C’est le fameux « listen » dont parlait Zuckerberg lors de sa dernière grand-messe. De la même manière, le « watch » a été testé par Dailymotion, et Yahoo est l’un des pionniers du « read » : chaque fois que vous regardez une vidéo sur Daily, chaque fois que vous lisez un article sur Yahoo (et si vous avez donné votre autorisation), vos amis en seront informés via une publication sur votre journal.

A l’heure des premiers résultats, ont peut clairement envisager une propagation de ce système lié à « l’Opengraph V2″ sur un bon nombre de supports : Yahoo engendre chaque jour plus d’un million d’ »auto share » et pense à le répandre sur 24 sites. En septembre, 140 millions de clics ont été enregistrés de Facebook vers Dailymotion et depuis le F8, Spotify a enregistré près de 5 millions d’utilisateurs supplémentaires et Deezer gagne 10 000 membres par jour.

Facebook vers un nouveau positionnement ?

Doit on s’attendre à un nouveau positionnement de la part de Facebook (du communautaire vers le partage et l’information, à la manière de Twitter) ? En exagérant le trait, on pourrait imaginer que chacun de vos faits et gestes sur internet soient répertoriés sur Facebook : une lecture sur le site de L’Equipe, une vidéo visionnée sur Youtube, l’écoute prolongée de votre radio préférée… Une aubaine pour l’éditeur, qui voit le partage de son contenu démultiplié, mais un casse tête pour l’utilisateur qui devra bien faire attention au partage qu’il autorise.

On a récemment appris que Facebook rattrape Google aux Etats Unis en terme de nombre de visites : 16 millions d’internautes séparents désormais les deux géants pour une place de leader. En offrant a ses visiteurs un contenu plus riche, avec au centre une actualité ultra ciblée (vos amis le sont car vous avez des affinités avec eux, et les articles que vous lisez sont susceptible de les intéresser), Facebook espère bien changer la donne.

Un « push » automatique et ciblé

Autre possibilité offerte par l’OpenGraph version 2 : les éditeurs de contenus pourront se servir de vos intérêts et vous informer de leurs dernières offres. Par exemple, si mon site est une billetterie en ligne et que vous êtes fan sur Facebook de Johnny Hallyday, alors je pourrais vous envoyer toutes les dernières infos concerts de votre chanteur favoris par un simple push vers votre page Facebook (une notification, après avoir préalablement récupéré vos pages et groupes likés). Comme pour chacune de ces actions, vous devez donner votre accord pour que l’un de ces push arrivent à vous, mais ces fenêtres d’autorisations que nous soumet Facebook sont souvent validées sans être lues, n’est ce pas ?

Outre l’aspect plus ou moins commercial, l’aspect éditorial a son importance dans cette nouvelle « option ». Il vous sera assez pratique de rester informé de l’actualité du PSG, en recevant sut Facebook les derniers articles de votre club préféré. En 2012, Facebook centralisera l’actualité, et la partagera au plus grand nombre.

Des sites « satellites » de Facebook

Difficile de savoir si c’est alors Facebook qui sert l’éditorialisation des sites en leur renvoyant des visites (chose rare à l’heure actuelle), ou si les sites servent Facebook en
lui offrant un contenu supplémentaire. Toujours est il que les supports adoptant cette méthode sont « obligés » d’être entièrement Facebook connectés : l’utilisateur doit être connecté au site pour profiter des nombreux avantages qu’offre cette « coopération » Facebook-support. Ainsi, en allant plus loin, on peut imaginer un site musical qui, en récupérant les informations et affinités de ses visiteurs, créerait une communauté Hip Hop avec fiche de membre, envoi d’informations et de vidéos, le tout connecté à Facebook. La collecte d’informations est donc instantanée, et l’utilisateur n’a pas à faire l’effort de remplir une énième fois toutes ses affinités. En plus, le contenu est partagé. Tout bénef. Seulement, l’ADN du site est lié à Facebook, ce qui en fait un satellite du réseau social. Non content d’être omniprésent sur la toile par ses boutons de partage, Facebook devrait donc dans les mois à venir faire partie intégrante des sites eux même.

Quelle réaction pour le public ?

Enfin, vient la question de l’appréhension de ces techniques par le public. Elles seront peut être vécues comme une énième intrusion, puisqu’à grande échelle la plupart des faits et geste des internautes seraient récupérés et diffusés sur Facebook. Il est sera donc intéressant d’observer les nouveaux comportements des visiteurs avec cette nouvelle catégorie de sites. Aujourd’hui, les premières expériences l’affirment : le bénéfice est total pour l’éditeur, et ce développement – encore onéreux car spécifique – ne devrait pas tarder à envahir le web : aux Etats Unis, le Washington Post s’y est déjà mis, tout comme The Guardian en Grande Bretagne.

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